Respecte le code, comme Dexter


Mon humour et «détestage » sont un peu comme les meurtres de Dexter, ils respectent un code. Dans la vie, comme sur le web, je suis reconnu comme quelqu’un de « haineux », avec un humour particulier qui laisse les gens perplexes quand ils ne me connaissent pas. C’est mon personal branding. Et comme je dis, je respecte un certain code de valeurs qui détermine où je ne dois pas aller. Ça ne me dérange pas de passer pour le gars méchant, tant que je respecte mes valeurs. Valeurs qui sont les suivantes, et j’explique pourquoi:

Le physique

Pour moi, c’est impensable d’attaquer quelqu’un sur son physique. Ça m’enrage. Je me rappelle à une époque où j’avais une bonne cinquantaine de livres à perdre, je venais de rentrer au secondaire et déjà on pointait du doigt mon surplus de poids. À cette époque, 13 ans, j’adore mes parents, ma famille, mon playstation 1, ma VIE. Je débarque au secondaire et c’est comme si on me disait: « Dude, enlève ce sourire niais d’ta face pis arrête d’aimer la vie, tu l’mérites pas, t’es gros. » Ça commence raide en crisse. Mon sens de l’humour m’a un peu sauvé, j’ai pu me tenir avec les brutes de l’école. En parallèle, je bavais les nerds, les gros, les timides et les laids ET je me faisais démolir par mon propre cercle de ce que je croyais des amis. J’étais les deux en même temps, la proie et le prédateur. Un jour, j’ai compris que ni moi, ni personne ne méritait ça. PERSONNE. J’ai maigri, ça m’a donné un break. À cet âge, mon but c’était de devenir le gars le plus cool de l’école pis c’était certainement pas en me faisant détester du building au complet qu’on allait me donner ce titre. En sortant du secondaire, mon karma m’a rattrapé, j’ai repris 50 livres et on a recommencé à s’en prendre à mon physique. Encore la CALISSE de facilité.

Tsé quand t’aimes la vie, mais qu’on a quand même réussi à te convaincre que ton enveloppe corporelle ne devrait pas habiter sur la même planète que tout le monde et qu’en plus, les magazines et la télé te confirment qu’ils n’ont pas nécessairement tort? Et quand t’as envie de partir pour de bon, mais pas tant que ça parce que t’adores vivre, et la seule alternative qui pourrait te permettre de mieux respirer serait de pouvoir observer, écouter, parler, sans qu’on puisse te voir en retour? Bin j’ai déjà ressenti tout ça. Et je sais que je l’ai fait vivre à beaucoup de gens aussi.

La famille

Plus jeune, j’avais une très bonne amie et je lui en veux encore pour ce qu’elle a dit. Tsé quand quelqu’un dit l’irréparable, quelqu’un que tu apprécies beaucoup qui te fait dire: « Ahhh mannn, pourquoi y’a fallu que tu dises ça? T’as tout gâché, j’t’aimais bien crisse. »

La fille s’en est prise à la maison de mes parents, qui selon elle, était trop petite et pas assez attrayante. Attaque MOI, attaque mes biens personnels, attaque ce que JE me suis procuré avec MON argent, je m’en fous mais n’attaque pas mes parents, qui contrairement à moi et toi, ont élevé deux enfants en leur offrant de la stabilité, de l’amour, une mère au foyer et un père qui se crève à la job pour bien faire vivre toute sa famille. N’ose surtout pas te comparer à eux, parce que TOI, célibataire dans la jeune vingtaine, tu loues une maison plus grande que la leur. Le défi n’est CRISSEMENT pas le même.

Personne ne devrait toucher à la famille.

La couleur de la peau

Un soir, je me promenais avec ma blonde, Haïtienne, et un imbécile dans une voiture a crié une niaiserie impliquant le mot « négresse ». Elle était bouleversée. Moi, j’essayais de la réconforter tout en essayant de comprendre la puissance qu’a le « N Word » sur les blacks. Je lui disais qu’elle ne devait pas le prendre personnel parce que le gars ne la connaissait même pas, n’avait pas vu sa face, il a simplement vu une noire et a voulu se trouver drôle avec ses drunk friends, c’était le soir de la St-Jean. Je trouvais ça tellement générique comme insulte que ça ne pouvait pas s’adresser qu’à une seule personne. Ça l’a encore plus fâchée. Elle m’a donné la meilleure réponse qui m’a fait comprendre: « Tu sais, quand t’as vécu toute ta vie avec des blancs, tu finis par oublier ta couleur, la différence n’existe pas, t’es comme tout le monde. Mais la journée qu’une personne te le fait réaliser en t’attribuant un nom, LÀ, tu comprends, tu le sais, t’es différent et ça change la perception que t’as de toi-même pour toujours, tu es conscient de la couleur de ta peau pour la première fois, tu n’es pas comme les autres. »

Ça, ça s’applique aussi aux personnes de fortes tailles, aux gens qui sont désavantagés physiquement, à tous ceux qui n’ont pas fait le choix d’avoir le corps qu’ils ont. Je n’hésite pas une seule seconde à critiquer et rire des choix que les gens font. Parce qu’un choix, ça se réfléchit, ça se change.

Internet, autant destructeur qu’il peut l’être, il permet aussi l’auto-dérision et célèbre la différence. On voit des visages différents, difformes, des gens aux handicaps qu’on ne connaissait même pas, on les accepte et apprend à les adorer.

Internet fait en sorte qu’aujourd’hui, des gars comme Mamadou, on ne les méprise plus, on les adore.

Et on découvre des jeunes filles très courageuses qui méritent de se faire entendre, comme Lizzie.

Comme dirait Mamadou, plus y’a de fous, plus y’a du riz.

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7 réponses à “Respecte le code, comme Dexter

  1. Hey, JE reconnais MA perruque! Merci Mamadou.
    Je vais contacter le commissariat.

    Touchante confidence qui fait de toi un détesteur encore plus sympathique.
    Respekt!

  2. mamadou est un personnage pour un film qui sort cet été.

    Sinon bon article 🙂

  3. Thanx man.

    Word, au moment d’écrire le billet, Mamadou était pas encore dévoilé.

  4. Pour la famille, c’est aussi vrai dans l’autre sens… Quand tu te fais reprocher de venir s’une famille moins disfonctionnelle que la sienne. HEY!!! si j’ai l’air de réussir dans la vie c’est peut-être par-ce que j’veux pis que je fais ce qui faut pour y arriver.

    Merci Murph

  5. Pingback: Intimidation

  6. Très bon article, le dernier paragraphe du « physique » m’a touché plus particulièrement parce que je sais ce que c’est.

  7. Ma sœur jumelle a eu une tumeur cancéreuse à l’épaule quand elle avait 9 ans. Après plusieurs opérations, les médecins ont décidé d’enlever sa clavicule et son omoplate + des traitements de chimiothérapie. Son bras a cessé de grandir et au lieu d’une épaule, elle a maintenant ce qui ressemble à un moignon, collé sur son cou. Ce n’est pas très joli.

    On croirait que les élèves auraient et eu de la sympathie pour elle… mais au contraire. Dès son retour en classe, elle s’est fait coller le jolie sobriquet de « verrue ».

    J’ai défendu ma soeur un peu trop agressivement je pense. Et au fil des mois et des années, nous étions complètement isolés. Nous nous faisions appeler « la verrue et la tapette », parce qu’évidemment, un gars qui se tient avec sa soeur est une tapette.

    Honnêtement, notre secondaire a été un enfer. Nous n’avons gardé aucun ami de cette période.

    Je croise très rarement des gens du secondaire. Cependant lorsque cela arrive, je ne peux m’empêcher que de me sentir plus fort qu’eux. Je les trouve petits, au sens figuré du terme.

    Ce qui est weird, c’est qu’un rien me transporte à cette époque. Ca vient tellement me chercher quand je vois quelqu’un faire rire de lui ou se faire insulter. Je me revois traverser l’école avec ma soeur en essayant de me donner une contenance… alors que tout le monde t’insulte ou te lancent des boules de papier. Faire semblant que tu ne les vois pas ou que tu ne les entends pas.

    Bref, je trouve que tes principes d’humour sont les bons.

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