À la découverte de la branchouillardise


La mode d’être branché, ça peut tu finir bientôt, svp? Ou plutôt, la mode de vouloir l’être. Je dis ça parce que je viens de me taper le dernier épisode de « Destinées » sur Illico (sorry) et comme à chaque 2 épisodes, j’en ai d’énormes frissons dans le dos. Des placements de références branchouillardes, ils t’en garochent à la tonne. Quand vient le temps de parler d’un concert, c’est d’Arcade Fire qu’ils parlent et ils n’hésitent pas de ploguer Facebook et Twitter à chaque intervention des jeunes adultes et ce, même s’ils ne comprennent visiblement pas la réelle fonction de Twitter. Ah ouais, c’est arrivé qu’ils parlent de Prison Break et de l’hypothétique homosexualité de Wentworth Miller aussi. Ça me rend mal à l’aise de penser que quelqu’un leur dit quelles références cool ils devraient intégrer dans les scénarios. Allez chier.

Une fois le dernier grand frisson passé,  je me suis demandé si ça me dérangeait vraiment d’avoir entendu ces imbécilités dans un télé-roman québécois, mais oh fuck que non. Ce qui me gosse le plus dans tout ça c’est la ressemblance avec mon quotidien. Les multiples namedrop et plogues dans Destinées ne sont que le reflet de la société en 2010-2011. J’ai mal. J’suis vraiment tanné de voir qu’un mode de vie réservé à une micro-société soit en train de prendre un virage mainstream. En fait, ce n’est pas tant le coté commercial du truc, mais plus son utilisation fast-food, pas le temps de s’informer en profondeur sur ce qui est cool, on pige à la surface et tente paresseusement d’intégrer un petit bout de tout ça à notre quotidien.

La phrase qui me fait le plus chier ces temps-ci est la suivante: « Ouin, y’en ont parlé sur Twitter » Bravo, moi j’en ai entendu parler dans le métro. Pis le monde dans le métro l’a entendu parce qu’ils en parlent dans ta fucking télé. C’est pas une centaine de matantes sur Twitter qui va rendre une nouvelle plus exclusive. T’es pas l’élite, la conne.

Je ne suis plus capable de ces plogues qu’on me lance comme ça en guise de simili-branchouillardise. On dirait qu’en 2010-2011, tout le monde s’est réveillé et a découvert l’existence des hipsters. Il s’est rendu compte qu’il y avait des gens quelque part à Montréal qui vivaient leur vie de « Y » comme des vrais de vrais. Que sur le web, il y avait un monde microcosmique lié à la communication, la musique et la mode. Il parle de ce qu’il connaît à peine, mais sait que c’est de ça qu’il faut parler. De l’énumération de choses qu’il vient de découvrir. Bravo tabarnack. C’est surtout que tout ça arrive tellement en retard. Qu’est-ce que tu veux que j’te dise, je l’ai déjà vécu, vu, critiqué, et dénoncé 46 000 fois, pis là toi, tu m’arrives avec ça, 4 ans plus tard. Si je roulais des yeux devant la situation il y a 4 ans, je me demande bin quel genre d’upgrade je pourrais apporter à mon « soupir game« , 4 ans plus tard.

Rien de nouveau là dedans, mais je pense que le web permet plus facilement d’investiguer et de faire du repérage, donc plus d’informations en moins de temps. On s’en tient à la surface. C’est correct de repérer les personnes clés, les derniers courants et dernières technologies, c’est même brillant. Mais servez-vous en donc de la bonne façon et non pour faire des moitiés de plogues nébuleuses qui vous rendent tellement caves aux yeux de gens qui s’y connaissent vraiment. C’est toujours malaisant de prendre quelqu’un la main dans le sac en plein désir maladroit de faire partie d’un univers qu’il estime tant. Et du monde comme ça, j’en croise trop.

Je déteste.

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Une réponse à “À la découverte de la branchouillardise

  1. Ah je me rappelle il y a bien des années dans Virginie, une étudiante n’arrêtait pas de parler de son « blog ».
    Sous la plume de Fabienne, le « blog » était un genre de truc incontournable du web que l’étudiante utilisait pour bitcher le monde et tous étaient à sa merci.
    Personne ne pouvait s’empêcher de lire le « blog », pas « le carnet de chose » ou n’importe quel autre titre que le site aurait.

    Dans la même semaine, le personnage de Jici Lauzon bustait une grosse leçon d’histoire (toffe) en faisant jouer « Dégénérations » de Mes Aieux dans sa classe.

    Oh Fabienne.

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