Assassiner la télé


J’ai lu un article dans un journal récemment, – soit 24h ou Métro, je ne l’ai pas retrouvé sur le web – et la chroniqueuse semblait vouloir diagnostiquer une phase terminale imminente à la télévision. Elle n’a pas explicitement parlé de sa mort, mais les gens tellement branchés m’ont trop habitué à un tel discours que par habitude, j’ai imaginé que cette fille, dans un élan d’extra-enthousiasme pour les nouvelles technologies, tentait de dire comme tout le monde, que la télé se faisait désuète et fera tôt ou tard partie du passé. Ce qui n’est peut-être pas totalement faux, mais doit-on déjà commencer à célébrer sa mort?

C’est vrai que ça m’intéresse moins qu’avant, mais c’est surtout parce qu’on me donne des émissions de marde, mais je n’ai pas l’intention de l’abandonner pour autant. Je n’ai pas perdu mon enthousiasme pour les nouvelles émissions de la rentrée, et je trouve ça encore cool de savoir que le dimanche soir c’est Tout le monde en parle et le lundi WWE Raw. Ça reste du marketing qui marche sur la plupart des gens. Si un blogueur fait tirer des prix à chaque jeudi soir à partir de 20:00, mon cerveau va ajouter ça dans sa partie « Agenda des trucs cool de la semaine ». C’est sûr qu’on est maintenant habitué de regarder ce qu’on veut quand on veut et le mettre sur pause à tout moment, mais les services comme Illico sur demande sont déjà une bonne façon de répondre à la demande sans avoir à jeter son téléviseur. J’ai l’impression que tous les espoirs concernant l’avenir sont jetés sur Internet et trop de gens regardent leur télé avec le même air qu’ils donnent à un téléphone à roulette.

J’en profite pour pointer du doigt le ridicule des auto-proclamés geek 2.0 qui défendent, les yeux fermés, tout ce qui sort de chez Apple, les « Foursquare », les « Facebook Places » et toutes les dernières bébelles branchées. On dirait qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent, mais chose certaine, on leur a dit que c’était un produit formidable et sans faille. En plus, par le simple fait de l’utiliser ça les rend tellement urbains, modernes et branchés donc, à quoi bon avoir des arguments pour défendre le produit si de toute façon 95% des gens qui l’utilisent dans leur entourage sont du même avis? Des fois j’me dis que Denis Talbot et ses amis doivent tellement être découragés…

Je ne sais pas trop où les technologies vont nous conduire plus tard, mais je pense qu’on devrait tous fermer notre yeule avec  le « awesomeness » des internets parce qu’on va finir par tout perdre à cause de notre grande gueule. 85% des choses qu’on trouve cool sur le web sont gratuites. Et parmi ces choses cool et gratuites,  on se procure au moins 60% d’entre elles sur des sites de torrent ou de streaming. Ça, on va inévitablement le perdre.  Et que dire de tous ceux qui offrent du contenu légal, mais qui malgré le plaisir qu’ils ont à  le créer, ont crissement faim et/ou veulent pouvoir continuer à créer sans avoir à débourser trop d’argent pour la production. Je ne veux pas parler pour vous, mais moi en tout cas, la journée où on va m’avoir enlevé/chargé ça, je vais tellement passer moins de temps devant un écran. Grâce à tout ce qu’on trouve nice, on pousse les grosses machines de l’industrie à miser sur le web pour qu’elles nous l’enlèvent/chargent et  puissent rendre ça profitable pour elles un jour.  Ce qu’on trouve nice aujourd’hui risque de ne plus l’être plus tard parce qu’on l’aura trouvé trop nice. Je ne veux rien réinventer, dans la plupart des cas, faire payer le consommateur permet une meilleure qualité, on va s’entendre là dessus. Mais est-ce qu’on souhaite vraiment ça à notre Internet? La question devrait plutôt être « Est-ce que c’est ça Internet? ». Et si on devait payer pour des forfaits? C’est vraiment ça qu’on veut?

Qui pourra créer et offrir du contenu? Est-ce que le CRTC aura son mot à dire? Est-ce que n’importe qui pourra faire et dire n’importe quoi? Un standard de qualité nous sera-t-il imposé? Ce sont tous des questions que je me pose. Parce que si Internet « step up » et devient un remplaçant de la télé, j’ai vraiment peur qu’ils tentent de minimiser le contenu offert sur le web de manière à ce que ça devienne vraiment comme la télé. Après tout, même si on a l’impression que ça fait longtemps que le web existe, on en est encore à ses débuts, je m’attends vraiment à tout. Comme j’ai dit plus haut, c’est dangereux tout ça, parce que tous ceux qui créent en ce moment ont FAIM, je ne compterais pas nécessairement sur l’aide de ces personnes influentes pour nous aider à garder un Internet libre.

Dans la mesure où le créateur citoyen perd le contrôle et redevient qu’un simple consommateur, moi je décroche et je refuse d’appeler ça Internet. Combien de gens se sont trouvés dans la vie grâce à Internet? Moi personnellement, il m’a tout donné. C’est ici que j’ai compris que je devais écrire et donner mon opinion. Je me suis aussi confirmé que peu importe ce que je ferais dans ma vie, ça aurait toujours un lien avec la musique. J’ai réussi à me faire un nom trois fois sur Internet et les trois sont tous indépendants l’un de l’autre. Même si une personne n’a pas de diplôme en communication, elle peut se donner la chance d’essayer sur le web. Ici, on s’en fout des résultats. Si c’est mauvais la première fois, on a la chance de recommencer et parfois ça peut nous mener vers quelque chose qui changera nos plans de carrière de la façon la plus inattendue. C’est ça Internet.

Je spécule là, mais je trouve que ça ne sent pas bon tout ça. Et là, je n’ai même pas parlé du fameux projet de 2012 qui nous ferait perdre la la liberté du web en laissant le droit aux fournisseurs Internet de contrôler ce qu’on regarde, finie la liberté. Ça fait longtemps qu’on en parle, mais comme d’habitude, les gens capotent un peu au début mais après, comme ils n’ont pas la force ni le temps de poser des actions, ils laissent aller les choses en se disant que « y’arrivera c’qu’y’arrivera ». Par chance, Google continue toujours de défendre la liberté des internets. Pour plus de renseignements, je vous invite à visiter le Help Center et le Public Policy Blog de Google.

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2 réponses à “Assassiner la télé

  1. Pingback: 2011, année de la censure?

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